On trouve bien des blogs, sur la Toile :
Des blogs pour journal intime, pour une passion quoi que souvent éphémère, pour ses opinions politiques ou idéologiques, pour la religion, pour le sexe, pour la métaphysique, pour rire, pleurer, partager, combien d’autres pour s’exhiber aux yeux du monde.
Des blogs remplis de vide, souvent. D’autres fois vides de sens.
Du temps de mon père, on écrivait ses maux sur un bout de papier déchiré, que l’on brûlait d’un coup de briquet dans l’espoir qu’ils se dispersent et s’effacent. Aujourd’hui, nous envoyons tous cela flamber dans l’énorme bûcher du Net, et mon Dieu, quel dépotoir.
Mais parfois, entre deux pages dépourvu d’un intérêt autre que de tracer depuis les dix dernières années la vie d’une adolescente afin de la capturer et l’enfermer dans sa cave pour lui forcer à apprendre l’orthographe des mots qu’elle emploie, on trouve plus. Du moins, transparaît un reflet de l’époque que nous traversons qui nous parle, nous fascine. Rendre compte des inquiétudes et des ambitions d’une société à un point donné n’est pas mon ambition, cependant je ne peux m’empêcher de constater que bien des interrogations nous sont communes. Peut-être, en ajoutant quelques pages de plus parmi les millions d’autres qui fleurissent sur le Net contribuera, bien qu’à un faible niveau, à rendre compte de l’état de fait dans lequel nous avons les deux pieds. Ou peut-être qu’il ne sera question que de Vide et qu’en conséquence, le blog portera fort bien son nom. Ou peut-être encore est-ce à moi seule que cela apportera quelque chose.
Peu m’importe, je le fais car je suis comme ces milliers de gens usant et abusant du Net. Parler à personne et à tous à la fois m’enthousiasme. Et puis, l’interface du blog est plus joli qu’une page OpenOffice, je trouve mes textes mieux là que dans un fichier fermé, perdu au milieu des giga octets utilisés de mon ordinateur.
Publier à beau être s’exposer à la critique, rendre compte de sa médiocrité ou de son talent, soit faire face aux dangers du jugement d’autrui, je trouve cela plus intéressant que de laisser un texte moisir dans le noir.
Bien, vous êtes encore là ? Dites-moi, vous n’avez rien d’autre à faire ? Tant mieux. Et quitte à user vos beaux yeux sur mes non-sens, laissez-moi une trace de votre passage puisque c’est la règle du jeu. Puis je suis un peu masochiste, j’aime la critique.